Lecture du jour...
"Le secret de nos ancêtres, c'est que l'étendue ou à volonté l'élévation du geste du cheval réside dans la liberté que lui laisse son cavalier, simplement limité par le souci de l'orienter. La première manifestation de la liberté d'ensemble du cheval est la liberté de sa bouche.
Nuno Oliveira ne nous a offert encore qu'un apéritif. Mais un apéritif de la classe des délicats cocktails d'Albert du Ritz. Au Cirque d'hiver, où les artistes du cirque faisaient paraître ce qu'ils ont de meilleur, tous les "numéros" ont été fort applaudis. naturellement les amateurs d'équitation sérieuse ne constituaient qu'une infime minorité. Et cependant le cavalier d'Euclide, au milieu de tant de succès, a obtenu un triomphe. Sept rappels d'une foule barbare, répétés au moment du " défilé final de toute la troupe". Monsieur Oliveira, revenez nous! Vous nous montrerez ce que nous avons été incapables de recueillir, mais que vous avez recueilli pour nous: l héritage de nos propres pères. "
Plaisirs Équestres numéro 13
Printemps 1964
https://www.youtube.com/watch?v=imbmKjHEDs0&feature=youtube_gdata_player
dimanche 12 janvier 2014
jeudi 9 janvier 2014
French équitation de Bussigny
Lecture de rentrée...
Conseillé par des amis cavaliers: Henri L. de Bussigny, French Equitation, un baucheriste en Amérique.
"French equitation est la traduction française d’un traité d’équitation publié à Boston en 1922 après le décès de son auteur, Henry L. de Bussigny, ancien officier de cavalerie passé par Saint-Cyr et Saumur, qui se dit élève du comte d’Aure, de Baucher, de Raabe, et admirateur de Fillis."
(Source France Culture )
Conseillé par des amis cavaliers: Henri L. de Bussigny, French Equitation, un baucheriste en Amérique.
"French equitation est la traduction française d’un traité d’équitation publié à Boston en 1922 après le décès de son auteur, Henry L. de Bussigny, ancien officier de cavalerie passé par Saint-Cyr et Saumur, qui se dit élève du comte d’Aure, de Baucher, de Raabe, et admirateur de Fillis."
(Source France Culture )
La splendeur du bonheur
"Quand on a vu une seule fois la splendeur du bonheur illuminer le visage d'un être aimé, on comprend que pour l'homme, il ne peut y avoir d'autre vocation que de susciter cette lumière sur les visages qui l'entourent".(Albert Camus)
Le poète
Le poète est ainsi dans les landes du monde;
Lorsqu'il est sans blessure il garde son trésor.
Il faut qu'il ait au coeur une entaille profonde
Pour épancher ses vers, divines larmes d'or.
Théophile Gautier
Le centaure
Le centaure...
«Moi seul, me disais-je, j’ai le mouvement libre, et j’emporte à mon gré ma vie de l’un à l’autre bout de ces vallées. Je suis plus heureux que les torrents qui tombent des montagnes pour n’y plus remonter. Le roulement de mes pas est plus beau que les plaintes des bois et que les bruits de l’onde ; c’est le retentissement du centaure errant et qui se guide lui-même»
Maurice de Guérin
( merci à celui, discret, qui me glissa ces quelques phrases sous les yeux... magnifique découverte)
«Moi seul, me disais-je, j’ai le mouvement libre, et j’emporte à mon gré ma vie de l’un à l’autre bout de ces vallées. Je suis plus heureux que les torrents qui tombent des montagnes pour n’y plus remonter. Le roulement de mes pas est plus beau que les plaintes des bois et que les bruits de l’onde ; c’est le retentissement du centaure errant et qui se guide lui-même»
Maurice de Guérin
( merci à celui, discret, qui me glissa ces quelques phrases sous les yeux... magnifique découverte)
mercredi 20 novembre 2013
Déscription du Général L'Hotte, extrait des mémoires du lieutenant Broissiat
"Par son abord d'une froideur excessive, par la rareté de ses paroles, la sévérité de son regard et la rigidité de sa tournure, il nous faisait l'effet d'un de ces personnages énigmatiques faits pour frapper les imaginations. Il ne se montrait au milieu de nous qu'à de rares intervalles et toujours dans des rôles si bien étudiés et si bien préparés qu'il nous apparaissait comme exempt de toute faiblesse humaine et comme incapable de commettre la plus petite faute. Nous le redoutions, comme la pauvre médiocrité redoute la plus grande perfection. Et pourtant, il avait des faiblesses comme tout le monde ce grand homme. Ses faiblesses, ils les montraient à toutes les générations d'officiers qui depuis dix ans lui succédaient à l'école, par sa liaison bien connue et fort scandaleuse avec le femme d'un de ses capitaine écuyer. Après elle, ce fut avec d'autres femmes, toujours choisies dans le personnel placé sous ses ordres. On en jasait dans chaque promotion et par conséquent dans toute la cavalerie [...] A l'école, tout le monde avait les yeux sur lui. Sa manière d'être nous en imposait. Nous étions même intrigués par les longues heures qu'il passait seul à seul avec son cheval au manège. Elles étaient entourées de tant de mystères et exigeaient une telle mise en scène que nous nous demandions ce qu'ils pouvaient faire tous les deux quand ils s'enfermaient dans ce grand manège qui porte aujourd'hui son nom. Personne ne pouvait en approcher, des cavaliers de remonte en gardaient sévèrement l'entrée, faisant passer au large les curieux tentés de s'y arrêter. Eux même ne parlaient qu'à voix basse de peur de déranger le maître. En dépit de ces travers, le colonel l'Hotte était un incomparable cavalier et le seul reproche sérieux qu'on puisse vraiment lui faire du point de vue de sa spécialité, c'est de n'avoir pas voulu faire profiter les autres de son talent. Il garda toute sa vie le secret de sa science."
mardi 19 novembre 2013
Vallerine, le testament d'un écuyer
" La fin de Vallerine n'est pas connue. Pendant la débâcle, Madame Paul Lajoinie qui montait régulièrement la jument, depuis 1927, partit avec elle sur les routes en direction du sud de la France. Arrivée à l'entrée d'un village en Anjou, elle l'attacha pour effectuer quelque course de ravitaillement. A son retour, il n'y avait plus de jument. Vallerine n'a donc pas de fin. Elle continue de vivre ...par l'admiration qu'elle suscite dans l'imaginaire des cavaliers qu'elle met en émoi et dont elle guide les recherches. L'histoire rapporte que certains écuyers répétaient à leurs élèves " en avant" , d'autres " léger", etc, la leçon de Beudant est "plus simple"....
" Mais cela est école pour Princes" Patrice Franchet d'Espèrey
" Mais cela est école pour Princes" Patrice Franchet d'Espèrey
jeudi 14 novembre 2013
Nuno oliveira- Antoine de Coux
" Beaucoup de cavaliers, au nom de l'impulsion, ont leur cheval trop tendu. D'autres, au nom de la légèreté, ont leur cheval trop abandonné. La vérité est au milieu."
Paroles du maître Nuno oliveira
Paroles du maître Nuno oliveira
mercredi 13 novembre 2013
mardi 12 novembre 2013
Nuno Oliveira
" En équitation civilisée, on place un cheval avec les jambes. En équitation rudimentaire, on place un cheval avec les mains. En équitation civilisée, pour arranger les choses ( si le cheval se met en crispation), on revient au pas. En équitation rudimentaire, on pousse, on tire, on pique, on allonge."
Parloes du Maître Nuno Oliveira, Antoine De Coux
Parloes du Maître Nuno Oliveira, Antoine De Coux
Kurt Albrecht
" L'Art Equestre ne se mesure pas au degré de difficulté de certains exercices, mais au seul degré d'harmonie entre le cavalier et son cheval, et à l'expression visible de cette dernière. (...)
C'est ainsi que l'art équestre est indissolublement lié au savoir-faire du cavalier et n'a rien avoir avec le degré de dressage du cheval."
C'est ainsi que l'art équestre est indissolublement lié au savoir-faire du cavalier et n'a rien avoir avec le degré de dressage du cheval."
lundi 11 novembre 2013
Passion
"Un Artiste n'est pas un ouvrier du divertissement qui compte ses heures, il se consume au feu de sa passion"
Bartabas
mardi 5 novembre 2013
Duplessis, " Le premier homme de cheval de son siècle"
Dans l'Art de la cavalerie de Gaspard de Saunier, se trouve le récit suivant. " Je me souviens, dit l'auteur, qu'un des premiers seigneurs de France, conduisant son fils, qui était alors la tête de tous les célèbres écuyers que j'ai nommés, je me souviens, dis-je, que ce seigneur lui dit en l'abordant: " je ne vous amène pas mon fils pour en faire un écuyer, mais je vous prie simplement de bien vouloir lui enseigner à bien accorder ses jambes et ses mains avec la pensée de ce qu'il voudra faire faire à son cheval." M. Duplessis lui répondit, devant moi qui avais l'honneur d'être alors un de ses disciples: " monseigneur, il y a environ soixante ans que je travaille pour apprendre ce que vous me faîtes l'honneur de me dire; et vous me demandez là précisément tout ce que j'ambitionne de savoir."
Citation puisée dans Un officier de Cavalerie, Souvenirs du Général L'Hotte
Paul De Courtivron et Zégris
Le capitaine Paul de Courtivron, rendant ses impressions après avoir monté le cheval d'Alexis L'Hotte, Zegris:
"Il coule sous l'action des jambes, à la façon d'un noyau de cerise qui glisse sous la pression des doigts, et la mobilité de la mâchoire communique à la main une impression de douceur qui fait songer à celle que l'on devrait ressentir en plongeant la main dans des œufs à la neige"
Un officier de cavalerie
Chapitre XVII
"Il coule sous l'action des jambes, à la façon d'un noyau de cerise qui glisse sous la pression des doigts, et la mobilité de la mâchoire communique à la main une impression de douceur qui fait songer à celle que l'on devrait ressentir en plongeant la main dans des œufs à la neige"
Un officier de cavalerie
Chapitre XVII
La guérinière
"Toutes les sciences et tous les Arts ont des principes et des règles, par le moyen des quelles on fait des découvertes qui conduisent à leur perfection. La Cavalerie et le seul Art pour lequel il semble qu'on ait besoin que de pratique; cependant la pratique dépourvue de vrais principes n'est autre chose qu'une routine, dont le fruit est une exécution forcée et incertaine et un faux brillant qui éblouit les demi-connaisseurs surpris souvent par la gentillesse du Cheval plutôt que par le mérite de celui qui le monte. De là tient le petit nombre de Chevaux bien dressés, et le peu de capacité qu'on voit présentement dans la plus part de ceux qui se disent Hommes de Cheval"
François Robichon de la Guérinière
http://daniel.jugnet.free.fr/jeudi 9 mai 2013
Nuno Oliveira et Euclides
Extrait du film de Laurent Desprez: L'écuyer du XX ème siècle ...
" J'avais le sentiment de monter un cheval de sport dressé et mis comme
un cheval d'écuyer" Général Durand en parlant d'Euclides
samedi 20 avril 2013
Q'est ce que la légèreté
" Pour affiner ces sollicitations et par conséquent ces perceptions, le cheval doit être parfaitement dégagé d'un état émotionnel de fatigue, de douleur. Le vibrant sera rendu avec générosité et plaisir. Ces échanges peuvent conduire jusqu'à cette communication, à la limite de l'irrationnel dans le cas du très grand art, où le couple finit par s'oublier dans l'intensité de leur dialogue"
Docteur Jean Marie Denoix, Jean Pierre Pailloux.
Docteur Jean Marie Denoix, Jean Pierre Pailloux.
jeudi 4 avril 2013
Mazeppa de Bartabas, ou la rencontre entre Franconi et le peintre Géricault
Pour moi comprendre un cheval c'est me couler dans la lenteur de son âme, tu peux appeler cela de la patience?
Pense à la caresse qui dénoue ta partenaire, contemple la, nourris-toi d'elle, vois ce que tu aimes.
Alors tu te montres généreux, ne veux rien qu'elle ne veuille.
A cheval je ne fais que cela !
Je n'impose pas je propose, en somme nous forniquons passionnément.
Soit déraisonnable! mais ne veux rien que le cheval ne veuille.
Oppose toi à tes maîtres ! Mais pas a lui !
Impose la patience à ta main, laisse les chevaux te la prendre humblement.
Pense à la caresse qui dénoue ta partenaire, contemple la, nourris-toi d'elle, vois ce que tu aimes.
Alors tu te montres généreux, ne veux rien qu'elle ne veuille.
A cheval je ne fais que cela !
Je n'impose pas je propose, en somme nous forniquons passionnément.
Soit déraisonnable! mais ne veux rien que le cheval ne veuille.
Oppose toi à tes maîtres ! Mais pas a lui !
Impose la patience à ta main, laisse les chevaux te la prendre humblement.
lundi 18 mars 2013
Petit traité d'équitation
Olivier de Carné, Traité pratique d'équitation
Militaire engagé dans la cavalerie, l’auteur se
tournera ensuite vers le journalisme hippique après la « grande guerre
», dispensant parallèlement l’enseignement de l’équitation au
Touring-Club de France. Il a écrit plusieurs ouvrages sous le pseudonyme
de " Prince Errant " ( Lettres à Philippe et Dressage simplifié et flexions)
Olivier de Carné
Lettres à Philippe
" Le tact équestre sera donc, en somme, la perception par l'assiette, seule qualifiée pour cela, des moindres actions du cheval; et la transmission immédiate par les aides de l'acceptation ou de la correction des dites actions.
Plus tout cela est facile et rapide, plus le tact est fin, et plus le dresseur est habile.
Tu vois, d'après cet exposé succinct, que le tact équestre ne s'improvise pas; il est le résultat de longues, longues études; d'expériences innombrables, de réussites et de déboires, par conséquent de beaucoup de temps.
Je ne veux pas te lancer encore dans l'équitation supérieure, car je ne puis croire que ton tact soit assez fin pour en aborder les énormes difficultés.
Travaille encore dans le sens que je t'indique; fais tes gammes, mon cher Philippe; tu ne peux pas encore jouer ton grand morceau; des cavaliers plus habiles que toi l'ont compris trop tard, et se sont patiemment remis à l'école.
Courage et patience.
Prince Errant"
Avec des illustrations de Pierre Chambry
" Le tact équestre sera donc, en somme, la perception par l'assiette, seule qualifiée pour cela, des moindres actions du cheval; et la transmission immédiate par les aides de l'acceptation ou de la correction des dites actions.
Plus tout cela est facile et rapide, plus le tact est fin, et plus le dresseur est habile.
Tu vois, d'après cet exposé succinct, que le tact équestre ne s'improvise pas; il est le résultat de longues, longues études; d'expériences innombrables, de réussites et de déboires, par conséquent de beaucoup de temps.
Je ne veux pas te lancer encore dans l'équitation supérieure, car je ne puis croire que ton tact soit assez fin pour en aborder les énormes difficultés.
Travaille encore dans le sens que je t'indique; fais tes gammes, mon cher Philippe; tu ne peux pas encore jouer ton grand morceau; des cavaliers plus habiles que toi l'ont compris trop tard, et se sont patiemment remis à l'école.
Courage et patience.
Prince Errant"
Avec des illustrations de Pierre Chambry
Le testament de Baucher
"Le
7 Mars, je retournai rue Amelot. Je trouvai Baucher couché; sa voix
était moins faible; il me parut aller un peu mieux, mais c'était un
mieux trompeur.
Il me parla de son régiment et m'entretint encore de ses derniers moyens:" J'ai peut-être pu réussir un peu mieux que vous, me dit-il, parce que j'avais plus l'habitude. j'ai vu, j'ai fait, et, bien sûr, c'est là qu'est le dernier mot de l'équitation. Le bridon! c'est si beau!"
Alors, prenant ma main et lui donnant la position de la main de bride, il dit: rappelez-vous bien, toujours ça" et il immobilisa ma main sous la pression de la sienne. " jamais ça", et il rapprocha ma main de ma poitrine " Je suis heureux de vous donner encore ça avant de mourir."
En le quittant, je l'embrassai et sa main sera affectueusement la mienne. Je ne devais plus le revoir que dans le cercueil. "
Général L' Hotte
Un officier de cavalerie
Il me parla de son régiment et m'entretint encore de ses derniers moyens:" J'ai peut-être pu réussir un peu mieux que vous, me dit-il, parce que j'avais plus l'habitude. j'ai vu, j'ai fait, et, bien sûr, c'est là qu'est le dernier mot de l'équitation. Le bridon! c'est si beau!"
Alors, prenant ma main et lui donnant la position de la main de bride, il dit: rappelez-vous bien, toujours ça" et il immobilisa ma main sous la pression de la sienne. " jamais ça", et il rapprocha ma main de ma poitrine " Je suis heureux de vous donner encore ça avant de mourir."
En le quittant, je l'embrassai et sa main sera affectueusement la mienne. Je ne devais plus le revoir que dans le cercueil. "
Général L' Hotte
Un officier de cavalerie
jeudi 7 mars 2013
dimanche 3 mars 2013
La bibliothèque
La bibliothèque de l'Association Bourguignonne d'Art Équestre
Nouveaux ouvrages référencés:
Yves Benoist-Gironière
*A cheval ma mie
Lieutenant Colonel Remy Repellin
* L'instruction du cavalier
A venir
Par Dominique Ollivier
Qu'est ce que la légèreté
"François BAUCHER a fait de la Légèreté le but de toutes ses recherches. Aujourd'hui, la science apporte sa caution à celui dont le travail constitue une formidable opportunité pour les cavaliers désireux de s'approprier une équitation à la valeur artistique éblouissante. La légèreté sans BAUCHER n'a pas de sens. Avec ce livre, elle est, désormais, accessible à tous ceux qui voudront bien se donner la peine d'apprendre à la maîtriser."
pour commander ce livre:
http://www.edhippos.com/index.php?page=catalogue
Lecture, relecture... Relire encore Kurt Albrecht
" Ce qu'il faut surtout c'est monter beaucoup tout en ne laissant pas les livres se couvrir de poussières sur les étagères" N. OLiveira.
Dogmes de l'Art Équestre
Par Kurt Albrecht
Notre contemporain, le Général Albrecht est né en 1920 en Autriche.
Il fût nommé à l'Ecole Espagnole d'équitation en 1965. Puis en fût le directeur jusqu'en 1983.
Son livre donne les " lignes directrices à l'usage du cavalier pensant " et les fondements de l'Art Équestre reposant sur les aspects incontournables de la physique et l'aspect psychologique " dont le cavalier devrait toujours être soucieux dans ses relations avec le cheval."
Des paragraphes courts facilitent la lecture de ce livre indispensable et permettent d'interpeller l'intellect de l'aspirant cavalier... A lire... Et à relire
vendredi 25 janvier 2013
Le cheval, Poeme de Victor Hugo
Je l'avais saisi par la bride ;
Je tirais, les poings dans les noeuds,
Ayant dans les sourcils la ride
De cet effort vertigineux.
C'était le grand cheval de gloire,
Né de la mer comme Astarté,
À qui l'aurore donne à boire
Dans les urnes de la clarté ;
L'alérion aux bonds sublimes,
Qui se cabre, immense, indompté,
Plein du hennissement des cimes,
Dans la bleue immortalité.
Tout génie, élevant sa coupe,
Dressant sa torche, au fond des cieux,
Superbe, a passé sur la croupe
De ce monstre mystérieux.
Les poètes et les prophètes,
Ô terre, tu les reconnais
Aux brûlures que leur ont faites
Les étoiles de son harnais.
Il souffle l'ode, l'épopée,
Le drame, les puissants effrois,
Hors des fourreaux les coups d'épée,
Les forfaits hors du coeur des rois.
Père de la source sereine,
Il fait du rocher ténébreux
Jaillir pour les Grecs Hippocrène
Et Raphidim pour les Hébreux.
Il traverse l'Apocalypse ;
Pâle, il a la mort sur son dos.
Sa grande aile brumeuse éclipse
La lune devant Ténédos.
Le cri d'Amos, l'humeur d'Achille
Gonfle sa narine et lui sied ;
La mesure du vers d'Eschyle,
C'est le battement de son pied.
Sur le fruit mort il penche l'arbre,
Les mères sur l'enfant tombé ;
Lugubre, il fait Rachel de marbre,
Il fait de pierre Niobé.
Quand il part, l'idée est sa cible ;
Quand il se dresse, crins au vent,
L'ouverture de l'impossible
Luit sous ses deux pieds de devant.
Il défie Éclair à la course ;
Il a le Pinde, il aime Endor ;
Fauve, il pourrait relayer l'Ourse
Qui traîne le Chariot d'or.
Il plonge au noir zénith ; il joue
Avec tout ce qu'on peut oser ;
Le zodiaque, énorme roue,
A failli parfois l'écraser.
Dieu fit le gouffre à son usage.
Il lui faut les cieux non frayés,
L'essor fou, l'ombre, et le passage
Au-dessus des pics foudroyés.
Dans les vastes brumes funèbres
Il vole, il plane ; il a l'amour
De se ruer dans les ténèbres
Jusqu'à ce qu'il trouve le jour.
Sa prunelle sauvage et forte
Fixe sur l'homme, atome nu,
L'effrayant regard qu'on rapporte
De ces courses dans l'inconnu.
Il n'est docile, il n'est propice
Qu'à celui qui, la lyre en main,
Le pousse dans le précipice,
Au-delà de l'esprit humain.
Son écurie, où vit la fée,
Veut un divin palefrenier ;
Le premier s'appelait Orphée ;
Et le dernier, André Chénier.
Il domine notre âme entière ;
Ézéchiel sous le palmier
L'attend, et c'est dans sa litière
Que Job prend son tas de fumier.
Malheur à celui qu'il étonne
Ou qui veut jouer avec lui !
Il ressemble au couchant d'automne
Dans son inexorable ennui.
Plus d'un sur son dos se déforme ;
Il hait le joug et le collier ;
Sa fonction est d'être énorme
Sans s'occuper du cavalier.
Sans patience et sans clémence,
Il laisse, en son vol effréné,
Derrière sa ruade immense
Malebranche désarçonné.
Son flanc ruisselant d'étincelles
Porte le reste du lien
Qu'ont tâché de lui mettre aux ailes
Despréaux et Quintilien.
Pensif, j'entraînais loin des crimes,
Des dieux, des rois, de la douleur,
Ce sombre cheval des abîmes
Vers le pré de l'idylle en fleur.
Je le tirais vers la prairie
Où l'aube, qui vient s'y poser,
Fait naître l'églogue attendrie
Entre le rire et le baiser.
C'est là que croît, dans la ravine
Où fuit Plaute, où Racan se plaît,
L'épigramme, cette aubépine,
Et ce trèfle, le triolet.
C'est là que l'abbé Chaulieu prêche,
Et que verdit sous les buissons
Toute cette herbe tendre et fraîche
Où Segrais cueille ses chansons.
Le cheval luttait ; ses prunelles,
Comme le glaive et l'yatagan,
Brillaient ; il secouait ses ailes
Avec des souffles d'ouragan.
Il voulait retourner au gouffre ;
Il reculait, prodigieux,
Ayant dans ses naseaux le soufre
Et l'âme du monde en ses yeux.
Il hennissait vers l'invisible ;
Il appelait l'ombre au secours ;
À ses appels le ciel terrible
Remuait des tonnerres sourds.
Les bacchantes heurtaient leurs cistres,
Les sphinx ouvraient leurs yeux profonds ;
On voyait, à leurs doigts sinistres,
S'allonger l'ongle des griffons.
Les constellations en flamme
Frissonnaient à son cri vivant
Comme dans la main d'une femme
Une lampe se courbe au vent.
Chaque fois que son aile sombre
Battait le vaste azur terni,
Tous les groupes d'astres de l'ombre
S'effarouchaient dans l'infini.
Moi, sans quitter la plate-longe,
Sans le lâcher, je lui montrais
Le pré charmant, couleur de songe,
Où le vers rit sous l'antre frais.
Je lui montrais le champ, l'ombrage,
Les gazons par juin attiédis ;
Je lui montrais le pâturage
Que nous appelons paradis.
— Que fais-tu là ? me dit Virgile.
Et je répondis, tout couvert
De l'écume du monstre agile :
— Maître, je mets Pégase au vert.
Je tirais, les poings dans les noeuds,
Ayant dans les sourcils la ride
De cet effort vertigineux.
C'était le grand cheval de gloire,
Né de la mer comme Astarté,
À qui l'aurore donne à boire
Dans les urnes de la clarté ;
L'alérion aux bonds sublimes,
Qui se cabre, immense, indompté,
Plein du hennissement des cimes,
Dans la bleue immortalité.
Tout génie, élevant sa coupe,
Dressant sa torche, au fond des cieux,
Superbe, a passé sur la croupe
De ce monstre mystérieux.
Les poètes et les prophètes,
Ô terre, tu les reconnais
Aux brûlures que leur ont faites
Les étoiles de son harnais.
Il souffle l'ode, l'épopée,
Le drame, les puissants effrois,
Hors des fourreaux les coups d'épée,
Les forfaits hors du coeur des rois.
Père de la source sereine,
Il fait du rocher ténébreux
Jaillir pour les Grecs Hippocrène
Et Raphidim pour les Hébreux.
Il traverse l'Apocalypse ;
Pâle, il a la mort sur son dos.
Sa grande aile brumeuse éclipse
La lune devant Ténédos.
Le cri d'Amos, l'humeur d'Achille
Gonfle sa narine et lui sied ;
La mesure du vers d'Eschyle,
C'est le battement de son pied.
Sur le fruit mort il penche l'arbre,
Les mères sur l'enfant tombé ;
Lugubre, il fait Rachel de marbre,
Il fait de pierre Niobé.
Quand il part, l'idée est sa cible ;
Quand il se dresse, crins au vent,
L'ouverture de l'impossible
Luit sous ses deux pieds de devant.
Il défie Éclair à la course ;
Il a le Pinde, il aime Endor ;
Fauve, il pourrait relayer l'Ourse
Qui traîne le Chariot d'or.
Il plonge au noir zénith ; il joue
Avec tout ce qu'on peut oser ;
Le zodiaque, énorme roue,
A failli parfois l'écraser.
Dieu fit le gouffre à son usage.
Il lui faut les cieux non frayés,
L'essor fou, l'ombre, et le passage
Au-dessus des pics foudroyés.
Dans les vastes brumes funèbres
Il vole, il plane ; il a l'amour
De se ruer dans les ténèbres
Jusqu'à ce qu'il trouve le jour.
Sa prunelle sauvage et forte
Fixe sur l'homme, atome nu,
L'effrayant regard qu'on rapporte
De ces courses dans l'inconnu.
Il n'est docile, il n'est propice
Qu'à celui qui, la lyre en main,
Le pousse dans le précipice,
Au-delà de l'esprit humain.
Son écurie, où vit la fée,
Veut un divin palefrenier ;
Le premier s'appelait Orphée ;
Et le dernier, André Chénier.
Il domine notre âme entière ;
Ézéchiel sous le palmier
L'attend, et c'est dans sa litière
Que Job prend son tas de fumier.
Malheur à celui qu'il étonne
Ou qui veut jouer avec lui !
Il ressemble au couchant d'automne
Dans son inexorable ennui.
Plus d'un sur son dos se déforme ;
Il hait le joug et le collier ;
Sa fonction est d'être énorme
Sans s'occuper du cavalier.
Sans patience et sans clémence,
Il laisse, en son vol effréné,
Derrière sa ruade immense
Malebranche désarçonné.
Son flanc ruisselant d'étincelles
Porte le reste du lien
Qu'ont tâché de lui mettre aux ailes
Despréaux et Quintilien.
Pensif, j'entraînais loin des crimes,
Des dieux, des rois, de la douleur,
Ce sombre cheval des abîmes
Vers le pré de l'idylle en fleur.
Je le tirais vers la prairie
Où l'aube, qui vient s'y poser,
Fait naître l'églogue attendrie
Entre le rire et le baiser.
C'est là que croît, dans la ravine
Où fuit Plaute, où Racan se plaît,
L'épigramme, cette aubépine,
Et ce trèfle, le triolet.
C'est là que l'abbé Chaulieu prêche,
Et que verdit sous les buissons
Toute cette herbe tendre et fraîche
Où Segrais cueille ses chansons.
Le cheval luttait ; ses prunelles,
Comme le glaive et l'yatagan,
Brillaient ; il secouait ses ailes
Avec des souffles d'ouragan.
Il voulait retourner au gouffre ;
Il reculait, prodigieux,
Ayant dans ses naseaux le soufre
Et l'âme du monde en ses yeux.
Il hennissait vers l'invisible ;
Il appelait l'ombre au secours ;
À ses appels le ciel terrible
Remuait des tonnerres sourds.
Les bacchantes heurtaient leurs cistres,
Les sphinx ouvraient leurs yeux profonds ;
On voyait, à leurs doigts sinistres,
S'allonger l'ongle des griffons.
Les constellations en flamme
Frissonnaient à son cri vivant
Comme dans la main d'une femme
Une lampe se courbe au vent.
Chaque fois que son aile sombre
Battait le vaste azur terni,
Tous les groupes d'astres de l'ombre
S'effarouchaient dans l'infini.
Moi, sans quitter la plate-longe,
Sans le lâcher, je lui montrais
Le pré charmant, couleur de songe,
Où le vers rit sous l'antre frais.
Je lui montrais le champ, l'ombrage,
Les gazons par juin attiédis ;
Je lui montrais le pâturage
Que nous appelons paradis.
— Que fais-tu là ? me dit Virgile.
Et je répondis, tout couvert
De l'écume du monstre agile :
— Maître, je mets Pégase au vert.
vendredi 21 décembre 2012
Mon Pégase
Mon pégase, doux et docile,
Ne m'égare pas dans les airs;
J'aime mieux la clarté facile
Des modestes petits vers,
Que la pompe inintelligible
D'un sublime rempli d'éclairs,
Qui, par une fougue terrible,
Sème l'effroi dans l'univers,
Et qui, dans l'ardeur qui l'excite,
Confondant la terre et les mers,
Roule à grand bruit, et précipite
Le bon sens au fond des enfers.
Charles François Panard
Mon pégase, doux et docile,
Ne m'égare pas dans les airs;
J'aime mieux la clarté facile
Des modestes petits vers,
Que la pompe inintelligible
D'un sublime rempli d'éclairs,
Qui, par une fougue terrible,
Sème l'effroi dans l'univers,
Et qui, dans l'ardeur qui l'excite,
Confondant la terre et les mers,
Roule à grand bruit, et précipite
Le bon sens au fond des enfers.
Charles François Panard
dimanche 16 septembre 2012
"Au véritable disciple de l'art équestre il
importe bien moins d'être reconnu par autrui que d'avoir le sentiment de
ne faire qu'un avec son cheval. Si cette harmonie fait défaut, il en
résultera, dans le meilleur des cas, une technique accomplie mais jamais
un art accompli."
Kurt Albrecht ( Dogmes de l'Art Equestre)
Kurt Albrecht ( Dogmes de l'Art Equestre)
mardi 11 septembre 2012
La bibliothèque de L'A.B.A.E.
- Kurt Albrecht: - Dogmes de l'Art Equestre
- Docteur Véterinaire André: - Mécanique équestre
- Antoine Cartier d'Aure: -Cours d'équitation
- René Bacharach: - Réponses Equestres
- Jean Claude Barry: -traité des airs relevés
- François Baucher:- Dictionnaire raisonné d'équitation
- - Méthodes d'équitation
- Etienne Beudant: - Extérieur et Haute Ecole
- - Main sans Jambes
- - Vallerine
- Diogo de Bragance:- L'Equitation de tradition Française
- Pierre Chambry: - Allures et sentiments
- - Equitation
- Albert Decarpentry: - Piaffer et passage
- - Equitation Académique
- - L Essentiel de la méthode de haute école de Raabe
- - Baucher et son école
- Général Pierre Durand: - L'équitation Française
- Baron d'eisenberg: - Description du manège moderne
- Patrice Franchet d'Esperey: - Leçon de la longe
- - La main du maître
- Marquis de Saint-Phalle:
- - dressage et emploi du cheval de selle
- - souvenirs équestres
- François Faverot de Kerbrech: - Dressage méthodique du cheval de selle d'après les derniers enseignements de F. Baucher recueillis par un de ses élèves.
- James Fillis: - Principe de dressage et d'équitation ( un exemplaire à vendre )
- Georges Fizet: - Journal de dressage
- - 100 conseils de dressage
- Victor Franconi: - Le cavalier et l'écuyer
- Jérome Garcin: - l'écuyer mirobolant
- Le comte Raoul de Gontaut -Biron: - Travail à la longe et dressage à l'obstacle
- Alexandre Guérin: - Dressage du cheval de guerre
- Michel Henriquet: - Gymnase et dressage
- - La sagesse de l'écuyer
- - 30 ans de notes et de correspondances ( avec Maître Nuno Oliveira)
- - A la recherche de l'équitation
- André Jousseaume: - Dressage
- Philippe Karl: - Une certaine idée du dressage
- - Dérives du dressage moderne
- - L'emploi des longues rênes
- Reiner Klimke: - Cavaletti
- Alexis l'Hotte: - Un officier de Cavalerie
- - Questions Equestres
- Jean Licart: - Equitation Raisonnée
- - Comment apprendre à monter à cheval
- - Evolutions équestres à travers les âges
- - Dressage
- Paul Morand: - Milady
- André Monteilhet: - Les Maîtres de L'Oeuvre équestre
- William Cavendish, Duc de Newcastle: - La méthode nouvelle et Invention extraordinaire de dresser les chevaux
- Nuno Oliveira: - Oeuvres complètes
- - Réflexions sur l'Art équestre
- - Propos d'un vieil écuyer aux jeunes écuyers
- - Jean Louis Sauvat, propos sur des croquis équestres
- - Antoine De Coux: Paroles du Maître Nuno Oliveira
- Commandant de Padirac: - Equitation, la tradition classique
- J Pellier Fils: - L'équitation pratique
- Müseler: - Equitation
- Paul Plinzner: - Méthode gymnastique du cheval
- Aloïs Podhajsky: - l'Equitation
- - Le Grand retour
- Pierre Pradier: - Mécanique équestre et équitation
- Prince Errant: - Lettres à Philippe
- - Dressage simplifié et flexions
- Jean Claude Racinet: - Trucs et procédés pour le redressage du cheval difficile
- - l'équitation de légèreté
- - Baucher cet incompris.
- - vers une équitation totale.
- J-S. Rarey: - L'art de dompter les chevaux
- Commandant J.de Salins: - Epaule en dedans ( un exemplaire à vendre)
- Etienne Saurel: - Histoire de l'équitation
- - Pratique de l'équitation d'après les maîtres français
lundi 16 avril 2012
A partir du 28 Avril

Il est courant de nos jours, d'assister à des spectacles équestres, des concours d'obstacles, de dressage, des randonnées... Cette année, j'aimerais offrir au public, cavaliers et non cavaliers, la possibilité de découvrir les coulisses de l'équitation, et de suivre sur plusieurs semaines le travail raisonné qui permet, quelque soit la discipline de prédilection du cavalier, d'avoir un cheval qui collabore autant de façon physique que mentale...
mardi 3 avril 2012
Avril...
« La passion équestre est cette impulsion spirituelle sans laquelle on ne franchira aucune des passes parfois désespérantes de difficultés, qui attendent l’écuyer toute son existence. Cet enthousiasme mêlé aux moments de doute témoigne de la découverte d’une partie inconnue de nous même et permet la mise à l’épreuve de réflexes et de moyens que nous mettons rarement en jeu dans la vie ordinaire. »
Michel Henriquet
jeudi 22 mars 2012
nocturne
jeudi 3 novembre 2011
lundi 10 octobre 2011
Questions équestres

P.93, édition Plon-1906, Chapitre VI
"La nature est le premier des maîtres. son livre est le plus juste, le plus savant des livres, le plus utile à consulter. Des effets qu'enregistrent ses pages, il nous conduit aux causes qui les engendrent. Mieux que les plus séduisantes théories, les plus belles dissertations, il nous éclaire et nous guide dans notre pratique."
Alexis L'Hotte
lundi 3 octobre 2011
Alexis L'Hotte

De l'impatience:
" Bien que la patience soit souvent signalée comme devant être le partage du cavalier, je ne saurais lui donner ici qu'une place restreinte; d'abord parce qu'en elle même elle est impuissante et que, portée au delà de certaines limites, elle devient une qualité négative; ensuite parce qu'au lieu de demander au cavalier de la patience, il vaudrait se borner à lui recommander de ne pas avoir d'impatience."
Questions Equestres (1905)
lundi 26 septembre 2011
jeudi 15 septembre 2011
René Bacharch... T comme Tact

Citation:
"" Le tact équestre est cette qualité rare qui permet au cavalier d'être instantanément dans les meilleurs termes avec quelque cheval qu'il monte" Quelle excellente définition, la plus générale, la moins technique!"
Réponses Equestres, René bacharach( citation en anglais du lieutenant colonel Geoffrey Brooke)
mardi 6 septembre 2011
Yves Benoist-Gironière
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